L'homme est par nature un dessinateur.. qui n'a pas lors d'une réunion, d'un appel telephonique, ou encore d'une attente essayer avec son stylo de noircir une partie de papier se trouvant sous nos yeux ? des moustaches ou des lunettes sur une revue ?
Et bien nos ancêtres faisaient de même, pas d'attente au téléphone mais quel fabuleux moyen pour laisser une trace! Alors tous les supports sont bon à prendre pour y inscrire des signes, des dessins, des chiffres…
Le plus ancien des supports connus est la pierre, mais aussi l'os, l'ivoire, certains métaux, le bois recouvert d'un support permettant de graver tel que la cire, ou le platre mais aussi la terre argileuse sur lesquels on a retrouvé des comptes de marchands (signes cunéiformes) et la soie, bien sûr chez les chinois (avant même leur découverte du papier).
D'autres civilisations utilisèrent les écorces de bois et même les feuilles comme celle du palmier. Toutes ointes pour tenir l'écriture ce furent celles ci qui se répandirent dans le monde entier. Ainsi il est tout à fait naturel de comprendre que le mot grec et le mot latin qui désignent le livre, biblos et liber, signifient tous les deux écorce.
L'écorce c'est bien, mais malheureusement un peu encombrant… Les égyptiens, utilisèrent alors une matière extraite directement des roseaux Cyperus Papyrus qui inondaient leur fleuve sacré : le Nil. De cette matière nacquit les fameux rouleaux de papyrus, très utilisé par les scribes.
Le rouleau de papyrus
Le papyrus est une plante aquatique, haute de 2 à 4 mètres, qui pousse sur les bords du Nil.
Son exploitation en Egypte remonterait à 2500 ans avant JC et se poursuivit jusqu'au XIIe siècle de notre ère.
De l'Egypte, le papyrus gagna le monde gréco-romain, puis se répandit dans toute l'Europe, où il fut le principal support utilisé jusqu'au XIe siècle aprés. J.-C. et où il resta en usage dans l'Eglise romaine Jusqu'au XVe siècle.
Ce que l'on sait de la fabrication des rouleaux de papyrus nous est connu grâce aux écrits d'auteurs classiques comme Pline.
- On coupait la tige de la plante transversalement en tronçons de 30 à 50 cm et on prélevait l'écorce.
- On y découpait de fines bandes longitudinales. - On les disposait de manière à obtenir une surface plane.
- Sur cette première couche, on plaçait transversalement une ou plusieurs autres séries de bandes, toujours disposées transversalement les unes par rapport aux autres.
- On martelait la surface à l'aide d'un maillet de bois et l'on pressait le tout sous une lourde planche.
- Une fois séché au soleil, le papyrus était lissé à l'aide d'un polissoir de pierre ou d'os.
La sève libérée par le végétal au moment du martelage favorisait l'union des bandes de papyrus qui formaient une feuille à superficie compacte.
Elle faisait également fonction d'apprêt, si bien que la feuille était à ce stade déjà à demi apte à recevoir l'écriture.
Le processus de polissage et, dans certains cas, l'application de chaux achevait de lui donner les caractéristiques nécessaires.
Le rouleau de papyrus proprement dit, qui résultait de la réunion de “feuillets” de 15 à 17 cm chacun, pouvait atteindre jusqu'à 30 m de long.
Ces longues bandes étaient enroulées sur un bâton que les Romains appelaient “umbilicum”, qui en facilitait la manipulation et évitait les déchirures. L'encre la plus habituellement utilisée sur ce support était le noir de fumée lié à la gomme arabique, encore qu'il existe des papyrus portant des illustrations en couleurs.
Le Volumen
Le rouleau de papyrus s'appelle volumen en latin, mot qui signifie mouvement circulaire, enroulement, spirale, tourbillon, révolution et enfin, rouleau de feuilles écrites, manuscrit roulé, livre.
Les Romains utilisaient aussi des tablettes de bois, enduites de cire où l'on pouvait imprimer et effacer des signes à l'aide d'un stylet, dont une extrémité était une pointe et l'autre une sphère. Ces tablettes pouvaient être assemblées sous une forme proche du codex. Elles servaient par exemple pour apprendre l'écriture aux enfants (selon les méthodes évoquées par Quintillien dans ses Institutions Oratoires).
Description
Le volumen est enroulé autour de deux axes verticaux en bois. Il ne permet qu'un usage séquentiel : on est obligé de lire le texte dans l'ordre où il est écrit et il est impossible de poser un repère pour accéder directement à un endroit précis. Il est comparable à nos vidéo-cassettes. Mais le lecteur a en outre les deux mains occupées à tenir les axes verticaux et ne peut donc pas écrire en même temps qu'il lit. Les seuls volumen encore en usage de nos jours sont les rouleaux de la Torah, dans les synagogues.
Le mot ” papier ” est issu, à la fin du XIIIe siècle, du latin papyrus, lui-même copié sur le grec papuros.
Parmi les différentes hypothèses, la moins hasardeuse renvoie à une expression égyptienne pa-p-ouro signifiant “celui du roi, le royal”.
Le papyrus aurait été ainsi nommé pour souligner son caractère de monopole royal.”
Papier : n. m. (papyrus). Feuille sèche et mince, faite de toutes sortes de substances végétales, réduite en pâtes, pour écrire, imprimer, envelopper, etc. Le petite Larousse illustré.
Mais la concurrence est rude par delà les mers, un autre support fait son entrée : le parchemin.