(Apocryphe)
Galileo Galilei dit Galilée est né à Pise en Italie, le 15 février 1564. A la fin de sa vie, il sera emprisonné pendant un an puis assigné à résidence dans un isolement totale. Il écrira alors un livre qui est tout bonnement son chef d’œuvre qui explique les fondements de la physique moderne. « Discours sur deux sciences nouvelles » est un livre qui rassemble toutes ses expériences et observations scientifiques. Il meurt en 1642, près de Florence, en Italie. Après sa mort, les autorités ecclésiastiques ont refusé pendant 95 ans à Galilée une sépulture dans un cimetière parce que ses travaux étaient jugés contraires aux enseignements de l'Église catholique. Son tombeau se trouve aujourd'hui à Florence, à l'église de Santa Croce.
Un an après sa mort naissait Isaac Newton qui dans son livre résumera de manière mathématique tout ce siècle d'incertitude : Philosophiae Naturalis Principia Mathematica.
Galilée était un novateur, malheureusement il avait besoin de reconnaissance et fit des choix qui ont failli lui coûter la vie.
Galilée vivait à une période où les religions étaient aux pouvoirs. Pour asseoir justement ce pouvoir de lutte contre le protestantisme, l’église en 1545 travaille sur contre-réforme: le concile de trente voit le jour et instaure que le savoir est complémentaire de la foi et donne Aristote en référence scientifique universelle et rajoute que l’église est dépositaire de la vérité : le pape remet en place l’index (confisquer des écrits) et l’inquisition (brûler les hérétiques via le bucher purificateur).
Ce qui arriva malheureusement en 1600 à Bruno Giordano, considéré comme déviant par ses pensées théologiques et ses raisonnements qui parlent de l’existence d’atome, de la possibilité d’un univers infini peuplé de mondes … à son procès, il refusa de renié ses idées et fut brûler vif à Rome en place publique. Il fit de l’investigateur un homme célèbre et réputé dangereux : le cardinal Bellarmin, jésuite théologien, décédé en 1621.
Quelques années auparavant, en 1543 Nicolas Copernic mourrait en laissant un livre « des révolutions et des orbes » : la terre n’est pas au centre de l’univers : elle tourne avec d’autres planètes et objets errants autour du soleil… Son livre fut une sorte de best seller et des savants par le monde commencèrent à voir le monde à sa manière. Mais pas le concile de trente qui se base énergiquement sur les écrits d’Aristote. Cependant le livre ne fut pas de suite mis à l’index car l’astronome du Pape, le père Clavius avait lu le livre (ce qui est rare car beaucoup de gens ont jugé Galilée sans même lire son livre ou regarder dans sa lunette !!) et n’interdit pas le livre car cela n’était qu’hypothèses de calcul. Il devient un ami de Galilée pas par ses convictions puisqu’il était tout de même contre le modèle Copernic mais de savant à savant. Il rédigea en latin une base ds travaux d’Euclide et fut le premier à utiliser le point décimal, l’annotation + et - et réforma le calendrier grégorien.
Ici il faut une petite pause et comprendre rapidement que Aristote et ses compères, ont annoncé des faits sans pour autant en apporter la preuve dans leurs écrits. Galilée lui, fait des expériences qu’il consigne et diffuse qu’une fois la véracité apportée, c’est en soi une révolution. Par exemple prenons la quintessence d’Aristote, qui dit par opposition aux 4 essences soit les 4 éléments : le feu ; l’eau le vent et la terre. Et bien la 5ème essence est celle des corps célestes. C’est à dire que les corps célestes étaient lissent, parfait, sans aucun relief fixe en un point entre le soleil et la terre… cela fut repris idéologiquement par les religions, et aussi par Ptolémée ou encore Platon. Les écrits de Josué qui est un personnage biblique du livre de l’Exode s’écrie: Alors Josué parla à l'Eternel, le jour où l'Eternel livra les Amoréens aux enfants d'Israël, et il dit en présence d'Israël : Soleil, arrête-toi au-dessus de Gabaon ! Lune, immobilise-toi sur le val d'Ayalon ! Et le soleil s'arrêta, et la lune suspendit sa course, Jusqu'à ce que la nation ait tiré vengeance de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le soleil s'arrêta au milieu du ciel, Et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour. Il n'y a point eu de jour comme celui-là, ni avant ni après, où l'Eternel ait écouté la voix d'un homme ; car l'Eternel combattait pour Israël ”. (Jos 10/12-14)
Je refais un petit interlude pour juste montré que comme Léonard de Vinci, ils sont empreints de leur soif de comprendre qui les mène à de très belles choses. Merci !
Parmi ses découvertes :
En 1609, il stoppe ses recherches. Il avait certainement dû prendre connaissance depuis peu de temps de la théorie de Copernic et surtout il se retrouve à avoir en main la lunette d’un hollandais. C’est le jackpot ! Il y voit alors une merveilleuse façon de gagner des sous en perfectionnant l’appareil pour les militaires. Il pourra alors faire de son rêve une réalité : passer le reste de sa vie à ses écrits ! Et il va le faire.
⇒ Illustrations de Sidereus nuncius / Non identifié ; Galilei Galileo, aut. de texte
Source: BnF.
NOTA : A son époque, on utilisait le système de coordonnées horizontales : la direction d'un objet céleste était donnée par son azimut( angle horizontal mesuré depuis le nord géographique dans le sens des aiguilles d'une montre, et sa hauteur : en astronomie on compte l'azimut à partir du sud: l'avantage est qu'au moment de son passage au méridien l'azimut et l'angle horaire d'un astre sont tous deux nuls). Le tout sur un modèle géocentrique (d'où est issu le terme géométrique : mesure de la terre).
Il écrit dans la foulée son livre le messager des étoiles « siderus» , c’est un succès en Europe. Enfin la reconnaissance tant attendue ! Il profita de cette euphorie pour faire un geste commerciale extraordinaire : dédicacer ses découvertes à la famille des Médicis afin d’y être reconnu, cela marche et il accepte la proposition de professeur à la cour de Florence. Il quitte padoue et pars seul à Florence.
cliquer sur l'image pour voir son livre.
Malheureusement pour lui, c’est une ville où les religieux sont les maîtres, il va vite s’en rendre compte en proclamant que vénus à des phases, donc passe derrière le soleil. Ce qui est totalement hérésie, car contraire à la vérité des saintes écritures qui définissent Vénus comme un seul point fixe entre la terre et le soleil. Sa découverte ne fait que renforcer le modèle de Copernic.
Il a vu quelque chose autour de Saturne mais n'a pas compris qu'il s'agissait de la présence d'anneaux autour de Saturne.
1611, il est confronté aux astronomes du Vatican, en particulier Christophe Clavius, à Rome. Il leur offre une lunette de bienvenue. Les jésuites sont d’accord sur le principe mais les dominicains n’apprécient pas les observations et expériences de Galilée et s’en plaigne au cardinal Bellarmin : le dogme de l’église est mis en péril avec Galilée, des espions sont dépêchés quand il va rencontrer le pape afin de savoir ce qu’il dit et le suivront attendant la faute.
Il continua ses observations et s'aperçut que Mercure aussi avait des phases. Il annota tout mais ne publie rien, jusqu’à une demande d’un Médicis après une brève querelle avec un autre savant autour d’un repas où il se liera d’amitié avec le cardinal Barberini futur pape Urbain VIII.
1612, il écrit donc « Discours sur les choses qui flottent sur l’eau ou qu’ils s’y déplacent ». ils touchent la plèbe qui ne veut suivre que son enseignement. Il agace les traditionalistes pour la plupart des savants éconduis par Galilée ; Ils décident de le mettre face au dominicains, les chiens de garde de la foi qui vont s’évertuer à bafouer lors de sermon, aussi bien Galilée que Copernic. Christophe Clavius est mort et ne peut plus les soutenir auprès du Pape.
Galilée est en plus très proche d’une nouvelle découverte et ne s’inquiète pas tant que ça des tumultes. Il vient de faire une découverte sur le soleil : il y a des taches noires qui s’y baladent à la surface et qui se déplacent sur plusieurs jours. (Il projeter l’image du soleil sur un tissu tendu dans un cadre de bois mais on n’en sait pas plus. Est-ce à ce moment qu’il commença à perdre l’usage de la vue ? ) Les taches s’aplatissent en approchant les bords du soleil et deviennent plus fine, donc le soleil n’est pas pure comme le dit Artistote : le soleil tourne de manière uniforme sur un mois donc lentement mais c’est une sphère qui tourne sur lui-même et non un point fixe ! Le passage de Josué sur le soleil n’a plus lieu d’être. Galilée peut dès à présent affirmer que le modèle copernicien est plus juste que celui de Ptolémée, soit de dire que les saintes écritures n’ont pas la science exacte en ce qui concerne le ciel sauf celui de l’au-delà après la mort.
Galilée écrit donc une lettre pour proposer ses arguments. Le messager céleste décrit qu’il ne faut pas mélanger foi et science et que les deux sont incompatibles du reste. Imaginer alors la tête du cardinal Bellarmin en recevant les feuillets…
1616 Comprenant son erreur de jugement il demande un entretien avec le cardinal afin de s’expliquer mais trop tard. Les dominicains entourent le cardinal et Galilée ne peut rien dire et qu’écouter : un décret de l’inquisition valider la veille de sa visite définit que l’idée que la terre tourne autour du soleil est absurde et hérétique car elle contredit les saintes écritures ! Le livre de Copernic est mis à l’index ! Il est donc interdit a quiconque d’enseigner cette théorie. Galilée ne conteste pas. Il comprend cependant que c’est Copernic qui est condamne et donc l’héliocentrisme. Mais qu’on le met en garde.
1623 le pape meurt, le nouveau pape est son ancien copain le cardinal Barberini, il pense avoir sa revanche sur les dominicains. Mais Urbain VIII le reçoit en audience privé au Vatican et lui demande d’écrire un livre pour qu’il puise y voir plus clair : un livre où il ne prendrait pas parti entre les théories de Ptolémée et de Copernic.
1632 le livre apparaît « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde». Galilée l’écrit en italien, et non en latin et nouveauté : sous forme de pièce de théâtre.
Le Dialogue se déroule à Venise sur quatre journées entre trois interlocuteurs : Filippo Salviati, est un astronome et savant italien du début du XVIIe siècle, ami de Galilée. Issu d’une des plus riches et des plus influentes familles florentines, partisan de Copernic. Giovanni Francesco Sagredo, un homme de noble extraction et d'humour cinglant., un Vénitien mathématicien et ami proche de Galileo, Et Simplicio, un piètre défenseur de la physique aristotélicienne, Galilée dit qu'il s'agissait de Simplicius de Cilicie, philosophe néoplatonicien grec du VIe siècle.
Les dominicains prennent cela comme une menace au décret de 1616 et font croire au pape que Galilée c’est foutu de lui et a pris une caricature pour représenter Ptolémée soit les saintes écritures donc le Pape lui-même ! Et cela marche le live est mis à l’index et la machine de l’inquisition se met en marche Galilée est emprisonne à 69 ans à Rome.
Il sait que si il n’abjure pas il sera brûlé vif comme Giordano Bruno. Et en 1633, dans le couvent de Santa Maria Sopra Minerva, quartier général des dominicains : il abdiqua ! Anéanti et résigné et fatigué de l’insistance de ses juges. Il est condamne à la prison à vie.
Il faut attendre 1846 pour que l’inquisition retire de l’index les œuvres de Galilée et de Copernic. Il faut attendre 1992 et le pape jean Paul II pour un semblant d’autocritique à propos de Galilée.
⇒ Sidereus Nuncius ou le messager des étoiles, 1610
⇒ Théorie nouvelle de la lunette de Galilée / par M. G. Quesneville ::